La Dame de la Fosse, 2022

Moulage en asphalte, sculpture en béton
27 x 28 x 18 cm

1 820

Telle une statut votive exhumée d’un site de fouille archéologique, cette idole religieuse fictive en asphalte est un hommage à celles et ceux qui dans chaque mine et chaque chantier travaillent, et qui parfois n’en ressortent pas. Lou Motin la décrit en ces termes « des mains ont taillé rapidement dans la pierre un autel. Ces mêmes mains ont creusé le charbon pour en sortir un visage (…) Si les matériaux changent, que le granit laisse place au béton, le charbon à l’asphalte, l’intention reste la même (…) Ce fragment est pourtant ancré dans notre époque actuelle, dont l’on exhumera peut-être un jour, l’écho de ses bâtisseur.euses».

Cette œuvre est le fruit d’une collaboration entre Lou Motin qui a réalisé le moulage en asphalte, et Jules Goliath la sculpture en béton (artiste représenté également dans notre collection d’art). Ils font tous les deux partie du Sprinkler, collectif d’artistes/artisans à Noisy-le-Sec.

L'artiste

Lou Motin

Né.e à Paris, Lou Motin alimente sa pratique de ses lectures ainsi que de son parcours professionnel en artisanat d’art (fonderie d’art, moulage, taille de pierre…). Depuis 2022, Lou travaille à plein temps en tant qu’artiste au Sprinkler, à Noisy-le-Sec.

En utilisant essentiellement des débris de chantiers urbains et des rebuts de production industrielles glanés, Lou les revalorise et les transforme pour nourrir des fictions visuelles qui se dévoilent au public sous forme de sculptures et d’installations.

Sensible aux enjeux de la création dans un contexte d’urgence écologique, iel s’interroge sur l’impact de notre production sur l’environnement. En proposant des pièces qui se veulent extraites d’un futur lointain, iel propose au public de se mettre tour à tour dans la peau d’un.e biologiste, d’un.e botaniste ou bien d’un.e archéologue qui explorerait les traces et les dérives du Capitalocène (notre monde actuel).

L'artiste

Jules Goliath

Né en 1996, Jules Goliath vit et travaille en région parisienne. Il a intégré les Beaux-Arts de Paris en 2015, et en est sorti diplômé en 2021. Il y a perfectionné son apprentissage du volume d’installation, de l’animation et enfin de la sculpture sous la direction de Tadashi Kawamata et Gotz Arndt.

Son travail a pour but aujourd’hui de questionner par l’espace et l’architecture nos rapports aux temps longs et à la disparition, ou comment convoquer le souvenir par le fragment. À travers un répertoire de formes, qui évoquent l’accident sculptural, la chute, la mémoire du geste, et la poétique de la ruine, Jules Goliath met la matière à l’épreuve sans essayer de cacher les accidents et ainsi ne conserver qu’une matière survivante, encore en mouvement face au temps. Son travail a été présenté au Musée du Louvre lors de l’exposition collective « Coups d’Eclats » en mai/juin 2022.

« Fasciné par des images de mondes en ruines et d’architectures dystopiques véhiculées par certains univers du cinéma et de la science-fiction, Jules Goliath questionne les notions de décor et de simulacre. L’artiste a fait du béton son matériau de prédilection, trouvant dans cette matière à la fois dense et parcellaire la possibilité de rendre intelligibles certains détails spatiaux restés invisibles. En effet, par un subtile un jeu de moulage et de contre-forme, il réalise des empreintes d’espaces, pour en révéler les creux, les absences et les ensevelissements. Par un double effet de rapprochement et de condensation, Jules Goliath nous projette dans des architectures comme excavées dans le béton, que l’on cherche à parcourir mentalement. » (Violette Morisseau)

Oeuvres

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